
Déjà 5 mois que je suis revenue...est-ce que je suis vraiment partie d'ailleurs ? J'ai l'impression que ce voyage n'a été qu'un rêve...mais quel rêve, ça valait le coup !
Retour en arrière : le 28 mars j'arrive à Paris, le 2 avril je suis au travail. Je pensais que j'allais avoir deux semaines cool, en inter-contrat, comme ça se passe souvent dans les SSII, sociétés de services informatiques, mais non, j'ai trois coups de téléphone à passer pour obtenir des entretiens ! Mon DRH m'apprend enthousiaste : "Y'en a pleins qui t'attendent, sur ton CV y'a écrit Java, ils en ont tous besoin". Lendemain matin, après avoir enfilé mes chaussures et mon pantalon noir je me rends à La Défense...Quel choc ces grandes tours de verres (que je connais bien pourtant pour avoir habité à côté pendant 3 ans) et tous ces gens qui courrent en costumes trois pièces et mes 1h30 de RER...où qui sont mes backpakers et leurs pantalons troués ??!! et les bus semi-cama de la Trans Copacabana ou de la Bariloche compania ???
Petit test de 15 pages de programmation objet et Java, ça calme après 14 mois de vacances...J'ai pas réussi, ah bon ?! Bah je vous avais prévénu d'abord, je suis nulle maintenant, laissez-moi souffler...on croirait qu'ils ont jamais pris 14 mois de vacances, ils comprennent pas que j'ai le cerveau farci de montagnes, de visages mats et ridés par le soleil des Andes, de flûtes de pan et de Bossa-Nova, de baleines et de pingouins, de cui et de mangues, de volcans et de sable blanc, de cocotiers...ben oui je sais plus ce que c'est une variable constant static dans une classe abstraite !
Retour le soir à la maison, c'est tout juste si je ne me mets pas à pleurer sur les genous de Maman comme les jours de rentrées à la maternelle. Je suis déprimée...ça va pas être possible...le stress qui revient, le métro qui pue, les gens bien habillés...j'en veux pas !
Avant de partir en voyage il était question que le projet sur lequel je travaillais parte à Grenoble. On m'avait demandé si j'étais prête à le suivre à mon retour. Moi j'avais dit "Pourquoi pas ?", enfin je savais même pas si j'allais revenir de voyage à l'époque...Dés le lendemain j'appelle le responsable de Grenoble qui me dit que l'offre est toujours valable...
Et voilà je suis mutée sur Grenoble ! Et comme le hasard fait bien les choses ma copine Mélanie et sa petite famille aussi depuis le mois de juin.
Une nouvelle vie commence, je vais au travail en vélo, je travaille au 4/5 : pas de boulot le vendredi, au lieu des Tours de La défense je vois les sommets enneigés de Belledonne et les Falaises de la Chartreuse, le plateau du Vercors et je longe la piste cyclable de l'Isère au lieu de longer les rails du RER. Le week-end je fais de la rando, du VTT, du jogging, des via ferratas...le soir je prends des cours de percussions et de guitare, je fais du yoga le lundi midi et du volley-ball le vendredi.
Je me suis mise en colocation avec 2 chinois, et 2 français, histoire de prendre mon temps pour trouver un appart et de ne pas me retrouver toute seule dans une ville que je ne connais pas. Ils sont très cool, ça marche comme sur des roulettes !
La belle vie quoi !
Et pourtant...j'ai du mal à regarder mes photos de voyages et les blogs de mes amis encore sur la route, sans vouloir refaire le sac et repartir. Un petit mail en portugais de Kika et je me revoie à Aiuruoca devant la cascade O Salto do Angel, un autre de Patricia en anglais et je suis au Macchu Pichu, Monica, en espagnol, et c'est de nouveau Noël à La Paz...La tentation est forte de tout lâcher de nouveau et repartir, mais j'ai décidé de me laisser un an, deux ans maximum pour apprendre un autre métier et repartir le faire à l'étranger. Il faut tenir bon, c'est pas si dûr la vie à Grenoble !
A propos du voyage, j'ai reçu quelques questions de filles aventurières comme moi ;-) je copie mes réponses ici, ça peut toujours servir ! (et puis j'ai rajouté quelques commentaires sur mes préparatifs et un bilan financier)
A la question : "Est-ce que c'est dûr les randos en Patagonie ?":
J'étais assez sportive avant de partir, pas une warrior non plus ;-), je cours et fais du VTT toutes les semaines mais tranquille quand même. Pour l'altitude on ne peut jamais savoir même les plus sportifs font des malaises, mais si tu prends le temps de t'acclimater et que tu manges des feuilles de coca, ça ne devrait pas aller au delà du mal de tête et de la fatigue.
Si tu comptes descendre vers la Patagonie au début sur la route il y a de superbes rando à faire dans la région des lacs (vers Pucon), c'est moins élévé que vers Torres del Paine. Si tu te bouges bien avant d'y arriver tu seras en forme pour attaquer les montagnes. J'ai rencontré pas mal de gens pas forcément très sportifs mais au bout de deux ou trois semaines à crapahuter un peu partout ils se renforcent.
A la question : "Est-ce que tu as fait de mauvaises rencontres ?"
Je n'ai fait aucune mauvaise rencontre. Juste quelques dragueurs un peu lourds mais pas méchants. J'ai toujours évité d'arriver quand il fait nuit dans une ville, pris les bus locaux plutôt que les taxis quand je pouvais (j'ai entendu quelques histoires avec les taxis autour de moi).
Il faut aussi faire attention aux faux flics en Bolivie qui te demandent tes papiers et ton argent (même les vrais n'ont pas le droit de te le demander).
Personnellement je ne me suis jamais sentie menacée. Je parlais bien espagnol ça aide pas mal aussi à cerner les gens.
A la question : "Est-ce que c'est dûr de voyager seule ?"
Tu rencontres tellement de gens dans les hotels si tu vas dans les lieux touristiques que tu ne restes pas souvent seule.
Voyager seule ça m'a paru une contrainte certaines fois où j'aurais bien aimé m'éloigner des lieux un peu trop touristiques parce que dans ce cas là tu rencontres plus de voyageurs, que des locaux, que tu laisses derrière toi au bout de quelques jours et tu te sens un peu seule, mais à part ça les gens sont adorables dans l'ensemble et si par malchance tu te fais attaquer dans la rue il y aura 40 personnes pour venir t'aider (pas comme à Paris). |