
Après un bref repos d'une nuit à Rurre je pars pour la jungle, le Parc National Madidi, à cheval entre le Pérou et la Bolivie. Cette fois-ci je pars avec une autre agence créée et menée par des indigènes du coin. Nicolas, mon guide, et aussi le président de l'agence m'explique que c'est grace à l'aide d'une femme allemande que ce projet à pu voir le jour. Elle lui a permis de venir travailler en Allemagne pendant quelques mois et ainsi gagner suffisemment d'argent pour acheter un bâteau, lui qui avait vécu pratiquement toute sa vie dans la forêt, s'est retrouvé à des milliers de kilomètres de chez lui, un peu déboussolé au début mais pas tant que ça, quand on connait La Paz on ne peut pas être trop effrayé par les grandes villes !
J'embarque sur le bâteau avec un couple franco-allemand qui partent pour quatre jours, elle n'aime pas du tout les araignées et apréhende pas mal ce petit séjour en pleine nature. Nous arrivons au campement, des toits d'herbes sèches posés sur des piliers de bois, ouverts à tout vents, ma voisine n'est pas très rassurée !!
L'après-midi, je pars avec Nicolas, mon guide pour moi toute seule, nous commençons par une baignade dans le fleuve tout marron, ça fait du bien, il fait super chaud et humide ici. Puis nous accostons sur l'autre rive du fleuve où nous allons nous ballader. J'ai beau scruter les rives je ne vois pas de chemin, c'est normal, Nicolas ouvre le chemin à coups de machette et nous nous enfonçons dans les grandes herbes et entre les arbres. Après une rencontre surprise avec un serpent de 2 m qui fait sursauter mon guide, nous trouvons un étroit chemin dans la jungle. C'est comme je l'imagine : des lianes partout, des arbres énormes et gigantesques, des sous-bois légèrement touffus dans lesquels on s'enfonce grace à la machette pour se rapprocher des animaux...des grosses fourmis qui grimpent dans le pantalon, j'en ai tellement que je suis obligée de le baisser pour m'en débarasser, ça fait bien rigoler Nicolas. Mais bon y'a qu'à mettre le bas de pantalon dans les chaussettes et c'est reparti. Nous sommes à la recherche des singes, Nicolas sent leur odeur mais nous sommes obligés de faire demi-tour parce des sangliers, des chanchos un peu agressifs nous ont repérés et nous regardent méchamment, je monte dans un arbre en attendant qu'ils partent...
Nous marchons trois heures dans la forêt, pas de singes en vue mais une végétation extraordinaire, mon guide me montre quelques plantes et arbres médicinaux, nous verrons quelques perroquets et entendront des ocelots, apparemment un couple, feuler pas très loin.
Après un nouveau bain dans le fleuve nous partons pêcher : Nicolas entre dans l'eau avec un filet et moi je lance des cailloux depuis la rive pour que les poissons, effrayés se précipitent dans le filet. C'est super efficace ! en dix minutes nous pêchons deux gros poissons, c'est bon on peut rentrer au camp !!
Je passe une super nuit, pas de puma, ni de tarentule, pas de panthère noire, les animaux ont été sages cette nuit, et même les moustiques sont plus calmes ici ! Le lendemain nous repartons en ballade, rien de nouveau en vue mais y'a pas besoin, rien que d'écouter les bruits de la forêt je suis comblée !
Dans l'après-midi nous repartons pour Rurre, deux jours c'est trop court, j'aurais du prendre deux semaines...
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