
Je quitte Uyuni à 5 h de l'après-midi et arrive à Potosi à minuit...pas très rassurée, j'aime pas arriver la nuit, même si la fille de l'agence de bus m'a assuré qu'il y a un hotel juste à côté du terminal...Finalement je prends un taxi avec une anglaise et nous devons nous rendre dans 4 hotels avant de trouver de la place...Jamais plus je veux arriver la nuit ! En fait de jour Potosi est vraiment une ville agréable avec ses batiments coloniaux, de magnifiques balcons vitrés partout et des églises blanches. C'est une ville assez tranquille actuellement mais à l'époque coloniale elle jouissait d'une énorme richesse grace à ses mines d'argent.
Les incas avaient exploité cette mine pendant 80 ans avant l'arrivée des Espagnols, puis la montagne leur avait parlé et dit que toutes ces richesses n'étaient pas pour eux. Puis les espagnols sont arrivés et ont asservis les indiens afin d¡extraire les métaux précieux dont l'argent et le plomb. Aujourd'hui encore l'exploitation parait assez moyenageuse, les mineurs sont payés en fonction de la production (quantité et qualité du minéral), en général 60% du minéral extrait contient des métaux précieux, les mineurs les plus jeunes peuvent avoir 12 ans...
La visite de la mine n'est pas recommandée pour les gens ashmatiques et les claustrophobes. Les premières minutes ont été vraiment éprouvantes pour moi, l'air manque d'oxygène, il est chaud, la poussière rentre dans les yeux, les narines, les oreilles, une odeur de gaz, de soufre peut-être prend un peu à la gorge, il faut très souvent marcher la tête penchée ou à quatre pattes dans les boyaux étroits qui permettent de descendre dans les niveaux inférieurs. Après une demi-heure je me sentais un peu mieux mais avec un peu l'appréhension de me mettre à suffoquer.
Peu de mineurs travaillent aujourd'hui, hier ils ont fait la fête, bu beaucoup, de l'alcool à 96 degrés, et ont sacrifié des lamas à l'entrée de la mine, il y a du sang un peu partout...Ces sacrifices à la Terre Mère, la Pachamama, sont censés éviter les accidents. La Pachamama et el Tio (un Dieu de la mine) sont rassasiés grace aux lamas et ne prennent pas plus de vie.
Nous voyons cependant quelques mineurs au travail : 3 mineurs armés d'une perforatrice, coincés dans un boyau étroit, rempli de poussière, ils perforent pendant deux heures comme ca...les perforateurs travaillent moins que les autres mais après deux ans de travail ils sont généralement atteints d'une maladie des poumons, à cause de la poussière et des vibrations de la perforatrice.
Après deux heures passées dans la mine nous ressortons enfin, j'ai de la poussière pleins la bouche et la gorge. Tout le monde est d'accord pour dire c'était la première et la dernière fois qu'ils visitaient une mine. Et dire que je ne suis pas contente de mon travail...Je ne sais pas comment ils font pour creuser, pelleter, mettre dans les wagons, rester des heures dans l'obscurité à 40 ou 60 mètres de profondeurs, jsuqu'à 60 degrés parfois. Enfin si je sais, ils machent des feuilles de coca toute la journée, c'est ce qui les aident à tenir.
Expérience éprouvante, beaucoup de voyageurs disent que c'est un peu de voyeurisme...je ne sais pas, mais en tout cas je sais que je ne pourrais pas oublier ces conditions de travail...
Il y a toujours les deux faces du tourime, d'un coté l'argent que cela amène, les anciens mineurs qui se convertissent en guides, les présents que l'on amène aux mineurs : des feuilles de coca, des boissons, des batons de dyamite...et de l'autre l'impression d'être un voyeur. Mais je ne l'ai pas trop ressenti ici, nous avons parlé naturellement avec des mineurs, apparemment contents de parler, d'avoir de la visite et des cadeaux... |